PLYMOUTH BARRACUDA 1964 — 66

Ecrit par René St-Cyr | 2015-05-07

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Au début des années soixante, une nouvelle mode faisait rage à Détroit.  Elle consistait à donner des airs de voiture sport à une voiture ordinaire, en l’équipant de sièges baquets et d’une console, avec le levier de changement de vitesse au plancher, accompagné de plusieurs pièces plus luxueuses telles que des enjoliveurs de roues pleine grandeur et beaucoup de chrome.

Cette idée avait pris naissance chez Chevrolet, lors d’une tentative ultime et désespérée, de raviver les ventes de la Corvair, qui battaient de l’aile.  Cette nouvelle Monza stimula suffisamment les ventes pour que chez Ford et Chrysler, ils en prennent bonne note.  Chez Ford, la réplique fut facile.  Ils utilisèrent la populaire Falcon, la déguisèrent en voiture sport, avec en prime un nouveau moteur V-8 de 260 p. c. de cylindrée, mis sur le marché en 1962.  La Falcon Futura Sprint était née.

Chez Chevrolet, il était impossible d’ajouter un moteur V-8 à la Corvair et chez Chrysler, ils en étaient à terminer la mise au point du V-8 273 p.c.  Par contre, chez Chrysler, les choses étaient plus compliquées.  La tirelire n’était pas tellement bien garnie, à la suite du fait que la qualité exécrable de ses automobiles, produites à la fin des années cinquante, avait fait s’écrouler les ventes et par ricochet, les entrées d’argent également.

Les styliciens durent faire avec.  De plus, comme un secret ne reste pas longtemps secret, à Détroit, ils n’étaient pas sans savoir que quelque chose se tramait chez Ford et que c’était pour très bientôt.  Pressés par le temps et limités par le manque d’argent, ils utilisèrent une carrosserie de Valiant.  Ils la modifièrent en lui donnant un toit profilé en verre.  Ils modifièrent également les pieds B du toit, ajoutèrent des intérieurs différents de ceux de la Valiant.  Avec une surface de verre si grande, lors des journées ensoleillées, les passagers, surtout ceux assis à l’arrière, savaient exactement comment un légume se sentait, dans une serre, au mois de juillet.

Pour réussir la conception de cette lunette arrière, les ingénieurs, chez Chrysler, demandèrent l’aide de ceux de la compagnie Pittsburgh Plate Glass (PPG).  Ces derniers avaient réussi à former une immense lunette arrière de 14,4 pieds carrés, qui se rendait jusqu’aux ailes arrière.  La plus grosse lunette arrière jamais construite, à cette date.

Comme cela était à la mode, à l’époque, ils lui donnèrent un nom de prédateur.  Toutefois, ils choisirent de plonger dans l’océan et de choisir le nom Barracuda, un poisson prédateur, rapide et vorace.

La Barracuda, 1964, avait ce que la Valiant Signet aurait dû avoir, en 1962, soit le six cylindres de 225 p.c. de cylindrée et surtout, le nouveau V-8 de 273 p.c. de cylindrée, mis au point pour motoriser la Valiant.  Sa puissance était de 180 ch.  Ils ajoutèrent à la liste d’options une autre version du nouveau V-8, qui avait une puissance portée à 235 ch.  Cette option, connue sous le nom de Formula S, incluait une boîte de vitesses à quatre rapports, avec un levier de commande Hurst, une suspension robuste, des pneus Wide-Oval et des bandes décoratives spécifiques à ce modèle.

Les journalistes de l’époque, qui en firent l’essai, en avaient une opinion très positive, charmés par sa puissance, sa tenue de route, son confort et ses nombreux accessoires.  Ils concluaient en écrivant que Chrysler avait mis sur le marché une auto emballante et agréable à conduire, sur les longs trajets, même sur les surfaces inégales

Motorisée par le V-8 273, de 235 ch, avec un différentiel au rapport de pont de 3,55:1 la Barracuda donnait des prestations dignes des pistes d’accélération.  Avec deux passagers à bord, elle accélérait à 60 m/h en 8 secondes et parcourait le quart de mille en 16 secondes, à 110 m/h.

La Barracuda offrait une vaste plage de performance, elle était spacieuse, capable de transporter quatre passagers, avec amplement d’espace pour leurs bagages.  Même chargée, sa tenue de route était toujours de bonne qualité.

Le lancement de la Barracuda fut fixée le premier avril 1964.  Soit la date idoine pour présenter une auto avec un nom de poisson...

Malheureusement, pour la Barracuda, la Mustang fut présentée au public le 17 avril 1964.  Or, c’est bien connu, un cheval est plus à l’aise sur la route, qu’un poisson, tout prédateur qu’il soit.  La Mustang connu un départ fulgurant.  En 1965, pendant que Plymouth vendait 64 596 Barracuda, Chevrolet vendait 235 528 Corvair Ford vendait 680 989 Mustang.

Avec l’arrivée de l’année 1966, les ventes diminuèrent à 38 029 exemplaires.  Une augmentation des prix de vente pouvait avoir influencé les acheteurs potentiels, par contre, le dessin de la Barracuda y était certainement pour quelque chose.  Son immense lunette arrière était un attribut qui se démoda rapidement.  Sa nouvelle calandre était également trop massive lui donnait un air sévère.

Par ailleurs, la Barracuda se comparait bien à ses rivales.  La Mustang bien qu’étant un phénomène à part, était celle qui a défini le concept du Ponycar, avec son capot long et son coffre court.  En ce qui regardait les performances, la Barracuda était plus rapide.  La seule Mustang capable de lui tenir tête était la GT 271 ch.  La Corvair arborait une nouvelle carrosserie, toutefois, en ce qui avait trait aux performances, même l’ajout d’un turbo ne parvenait pas à embarrasser la Barracuda sur la route.

Le talon d’Achille de la Barracuda se situait dans le dessin de sa carrosserie.  Malgré son toit profilé, elle ne parvenait pas à faire oublier aux spectateurs, le fait que sous sa verrière se cachait une humble Valiant.  Or, une Valiant ne projetait pas l’image d’une voiture sportive, quel que soit l’angle avec lequel on la regardait.

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