CADILLAC 1950 - 52

Ecrit par René St-Cyr | 2018-07-28

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Au cours des années quarante, Cadillac remplaçait Packard, en tant que constructeur de voitures haut de gamme.  Peut-être pas en qualité, mais certainement  en quantité.  Ce changement de rang avait débuté au cours de la pire crise économique à survenir, en Amérique du Nord, en 1929.

Les marques les plus durement touchées furent celles qui fabriquaient les voitures haut de gamme.  En temps de crise, quand vous avez perdu votre emploi et que vous n’avez plus d’argent,  pour nourrir votre famille, en bon père de famille, vous ne devez même pas penser à changer de voiture et encore moins à vous en acheter une haut de gamme.  Même les manufacturiers d’autos d’entrée de gamme connaissaient de gros problèmes.

Par exemple, la compagnie Ford, qui avait vendu 1,1 million d’autos, en  1930, soit deux fois plus que Chevrolet et quatorze fois plus que Plymouth.  Il avait dû toutefois se contenter d’en vendre seulement 237 799, en 1932.  Les choses étaient encore plus désastreuses chez les compagnies de gamme supérieure.

Pour survivre les manufacturiers comme Cadillac, Packard et beaucoup d’autres, durent revoir leur production et présenter des automobiles de gamme inférieure.  Chez Cadillac, les gestionnaires eurent la prudence de continuer à assembler des Cadillac, comme si de rien n’était.  Pour conserver leur clientèle, ils présentèrent une auto de classe intermédiaire, utilisant beaucoup de pièces de Cadillac, sans toutefois lui faire porter le nom.  Ainsi, l’image de Cadillac ne fut jamais associée à une voiture de classe inférieure.

Chez Packard, ils utilisèrent le même stratagème, soit de lancer une nouvelle voiture de gamme inférieure, nommée la One Twenty. Toutefois, ils commettaient l’erreur de lui faire porter le nom de Packard, ce qui diluait irrémédiablement le prestige rattaché à ce nom.

Une autre théorie, veut que chez Packard, on avait déjà abdiqué au fait qu’elle était la compagnie produisant les automobiles les plus prestigieuses, préférant, après la guerre, se lancer dans la production d’une automobile de gamme intermédiaire, dans la même gamme que Oldsmobile et Mercury.  Cette décision de produire un modèle plus populaire permettait à Packard d’avoir accès à un plus gros volume de vente, tout en diluant l’image de la marque Packard.  Pendant ce temps, Cadillac accaparait le créneau des automobiles de gamme supérieure, bien supportée par les vastes ressources financières de General Motors.

Quelle que soit la raison, dès 1950, Cadillac prenait la tête des ventes, devenant le symbole de la réussite, pour ceux qui voulaient le montrer.

Le nouveau style des ailerons arrière, lancé en 1948, avait été inspiré par celui des avions militaires. Il permettait d’identifier une Cadillac, du premier coup d’oeil, autant de l’avant que de l’arrière.  Le nouveau moteur V-8, à soupapes en tête, présenté en 1949, complétait le renouveau mécanique.  Le dessin de la carrosserie était embelli par la nouvelle ligne du toit rigide, qui imitait  le toit d’une décapotable.  Ce modèle fut si populaire que le chanteur Chuck Berry, de regrettée mémoire, fut inspiré pour écrire la chanson « MAYBELINE ».  Tout comme Chuck Berry, qui se classa au numéro un du palmarès, avec cette chanson, Cadillac se classait au numéro un au palmarès des ventes.

Jamais Packard, Lincoln Chrysler Imperial, ni même les trois réunies, ne la rattrapèrent.

En 1950 et 1951, chez Cadillac, on assemblait plus de 100 000 voitures par année.  Un record jamais battu dans cette gamme de prix.  En 1952, Cadillac accaparait 80 % du marché.  Les ventes auraient certainement été battues, si les restrictions sur le métal n’avaient pas été données, à cause de la guerre de Corée.  Cadillac ne construisit que 90 000 véhicules.

Une gamme impressionnante de modèles était offerte par Cadillac.  Débutant par la limousine et la berline 7 passagers, de la série 75, sans oublier les châssis  commerciaux.  Les 60 Spécial, et sa carrosserie Fleetwood, et enfin, la 62 qui offrait des berlines, des hard-tops et des décapotables.

Le thème de base du style établi par Harley Earl, Bill Mitchell et Art Ross, en 1948 fut conservé.  Les calandres mimant un large sourire et les ailerons qui ne cessaient de s’allonger donnaient à l’ensemble une apparence de gros yachts, enrobés de chrome.

Les modèles 1950 se voyaient affublés d’une prise d’air, sur la naissance de l’aile arrière.  Cette décoration fut une marque distinctive sur les Cadillac, pour plusieurs années.  Les Cadillac 1950 étaient facilement identifiables par leur lunette arrière trois-pièces.  Les modèles 1951 avaient une petite grille, située sous les phares avant, alors que les modèles 1952 avaient un petit écusson ailé, au même endroit.

Malgré son chrome, son poids et ses rondeurs, cette voiture ne peut être regardée comme une grosse mule.  La modèle 62 pouvait faire un chrono de 0 à 60 m/h en 12 secondes, ce qui était remarquable, pour une automobile de cette taille.

Cela peut sembler incroyable, mais une Cadillac 1950, conduite par Sam et Miles Collier, avait terminé au dixième rang, lors de la course de Le Mans.  Une performance  jamais égalée, par aucune autre marque de voiture haut de gamme.  Briggs Cunningham conduisait une Cadillac, dont l’aérodynamique avait été améliorée, lors de la même course, et malgré le fait que la transmission refusait de prendre le troisième rapport, il était parvenu à terminer au onzième rang.

Ces deux automobiles avaient été évidemment préparées pour la course.  Toutefois, une Cadillac modèle 61, avec une boîte de vitesses à trois rapports, sans préparation particulière, pouvait tenir tête à une Jaguar XK-120, jusqu’à 90 m/h.  La seule automobile contemporaine, plus rapide était sans doute la Oldsmobile 88.

Le secret de la réussite de Cadillac, a été le fait que cette compagnie avait toujours concentré sa production sur seulement un nombre restreint de modèles, les construisant bien, avec des matériaux de qualité.  En 1952, seulement sept styles de carrosseries étaient offerts, dont deux, des séries 75 étaient de production limitée.

La plus populaire était la berline, modèle 62, qui se vendait à environ 50 000 exemplaires par année.  Les modèles 60 Special se vendaient entre 15 000 $ et 18 000,$ alors que les décapotables atteignaient le chiffre de 6 000, par année.

Contrairement à Packard, Cadillac n’a jamais dilué son image, en fabriquant des familiales… 

 

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