Pontiac 1926 - 2009 Partie II

Ecrit par René St-Cyr | 2010-07-06

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L’assassinat de Pontiac marqua le début d’une légende.  Bien que sa rébellion se soit avérée un échec, son exemple inspirera bon nombre de ses successeurs dans leur résistance à la domination des Européens.

Sans doute inspiré par sa légende, son nom fut donné à la ville de Pontiac dans le Michigan, ainsi qu’à quatre autres villes situées dans les États de la Caroline du Sud, du Rhode Island, du Missouri, de l’Illinois, également à une municipalité régionale de comté dans la région de l’Outaouais, au Québec et aussi, comme vous le savez tous à une marque de voiture appartenant à General Motors.

Ce long préambule historique nous permet d’entrer dans le vif du sujet.

Comme nous le mentionnions plus haut, une multitude de compagnies ont produit des véhicules sous le nom de Pontiac.  Rechercher l’origine d’une compagnie est généralement un travail de moine, fastidieux et souvent frustrant.  Pour rechercher l’origine d’une marque d’automobile, certains historiens vont axer leurs recherches vers un nom, une date ou un endroit qui sont reliés à la fondation d’une compagnie.  Dans la plupart des cas, situer une date sera le point de départ primordial de leurs recherches.

Certains recherchistes aiment entreprendre leurs recherches en partant de la date reliée à l’histoire de la compagnie faisant les frais de leurs enquêtes, la plus ancienne qu’ils puissent trouver, ou même la date de naissance de son fondateur.  D’autres recherchent la date de fondation de compagnies plus anciennes, qui auraient au cours de leur histoire, eu des contacts avec l’objet de leur enquête et finalement, quelques-uns recherchent activement tous documents témoignant de la première incorporation de la compagnie.

Dans le cas de la compagnie Oakland, quel que soit notre point de départ, tous les documents retrouvés se concentrent vers une seule période, soit vers la fin de l’été de 1907, alors que sept hommes d’affaires tiennent une réunion dans la Ville de Pontiac, comté d’Oakland, Michigan.  Ces derniers avaient comme rêve de fonder une nouvelle compagnie dédiée à la construction d’automobiles.

Une annonce publicitaire apparaissait dans la revue Motor Age du 29 aout 1907 dans laquelle il était fait mention que la ville de Pontiac, Michigan, était assurée de voir se construire à l’intérieur de ses limites une grosse usine d’automobiles.  Cette nouvelle compagnie, qui portera le nom de Oakland, sera dirigée par E. M. Murphy, propriétaire de la Pontiac Buggy Company.  Il occupera le poste de président et de directeur général.  La liste de ses associés est composée de Frank E. Kirby et A. P. Brush de Détroit et de R. F. Monroe, M. J. Hallinan et C. J. Cram de Pontiac et James Dempsey de Manistee.  Le capital de la nouvelle compagnie a été établi à 300 000, $.  La future automobile que la compagnie veut produire sera de gamme intermédiaire.  Son moteur sera conçu par A. P. Brush.  Les modèles proposés seront une Runabout et une Touring.  La production de ces automobiles débutera immédiatement dans l’ancienne usine de la Crescent Carriage Company.  De l’espace supplémentaire a été aménagé avant le premier janvier 1908.  Des autos étaient déjà en construction et elles ont été présentées au public au cours des Salons de l’auto tenus au cours de l’hiver.  La même publicité apparaissait dans la revue The Horseless Age, annonçant la formation de la compagnie Oakland, avec la même liste d’actionnaires.

De ce groupe de pionniers de l’automobile, les noms de Alanson Patridge Brush et de Edward M. Murphy ont été les plus étroitement liés à la première automobile que la compagnie Oakland a produite.  L’influence des cinq autres associés s’est perdue dans les dédales de l’Histoire.  Un dépliant de vente, publié au début de 1908 identifiait Murphy comme étant président et directeur général, alors que Brush occupait la vice-présidence en tant qu’ingénieur-conseil.

Naturellement, à part leur titre, cette liste ne nous dit pas grand-chose sur ces individus.  Quelques-uns ont quitté Oakland en dedans d’un an, alors que d’autres comme Leroy V. Cram se sont fait embaucher par la nouvelle compagnie, fondée en 1908, la General Motors.  Les rôles joués par Brush et Murphy ont été très importants, dans l’histoire de la compagnie et dans son évolution future.

Edward M. Murphy a vu le jour en 1865 et au cours de sa vie, il est devenu un prospère constructeur de voitures hippomobiles.  Il a été l’un des fondateurs de la compagnie Pontiac Buggy, fondée en 1893.  C’est d’ailleurs la date choisie par la Division Pontiac de General Motors, pour situer ses racines.  Murphy est généralement décrit par ses pairs comme étant un individu dynamique, plein d’enthousiasme et de bonnes idées, doublé d’un bon sens des affaires.

Au cours des dix années que Murphy a dirigé la Pontiac Buggy Company, elle a connu la prospérité et s’est établie une bonne réputation, en fabriquant des voitures de bonne facture.  Par ailleurs, il a connu des moments difficiles, à la fin du dix-neuvième siècle.  La première, la Dunlop Véhicule Company achetée par Murphy, en 1898, pour en faire une filiale destinée à produire des voitures légères, a connu des difficultés de rentabilité.  Une deuxième acquisition, la Crescent Carriage Company a frôlé la faillite.  Murphy, en tant qu’homme d’affaires perspicace commençant à subodorer que les jours de gloire des voitures hippomobiles étaient terminés.  L’industrie était moribonde.  Les couts de production à la hausse grignotaient les profits d’une façon alarmante, la demande était en chute libre, alors que les carrossiers les plus habiles quittaient leurs employeurs, pour se rendre travailler dans l’industrie naissante de l’automobile.  Le temps était venu pour des changements draconiens.  En 1905, Murphy décida de se lancer dans la fabrication d’une automobile assemblée.  Ce terme désigne une voiture assemblée à partir de pièces achetées chez divers fournisseurs.  C’est à cette époque que Alanson P. Brush arriva chez Oakland.

Brush était un mécanicien génial.  Il est né à Détroit, le 10 février 1878.  Après avoir participé quelque temps à la guerre déclarée par les États-Unis contre l’Espagne pour le contrôle de l’ile de Cuba, Brush a été rendu à la vie civile.  Il s’est fait embaucher chez Leland & Faulconer Manufacturing Company, en 1899.  Âgé de 21 ans, il occupait le poste d’inspecteur, responsable du contrôle de la qualité d’assemblage des 2 000 moteurs et transmissions que la Leland & Faulconer construisait pour la Olds Motor Works.

Intéressé par son travail et de plus en plus fasciné par ce monde nouveau que représentait la voiture sans cheval, Brush entreprit quelques expériences personnelles avec des moteurs et surtout sur la carburation.  Ses recherches lui donnèrent assez d’expérience pour pouvoir construire un petit moteur de bateau, pour la compagnie Charles A. Strelinger.

Toujours employé chez Leland & Faulconer, Brush continua de travailler sur différents concepts de moteur, tout en assistant son patron, Henry M. Leland, pour construire un

petit moteur un cylindre de sa conception.

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