CHRYSLER NEWPORT 1967.

Ecrit par René St-Cyr | 2012-09-06

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Le nom Newport est pratiquement indissociable de celui de Chrysler, car il a été utilisé à de nombreuses reprises, sur une très longue période. La première voiture à avoir porté ce nom est une voiture-concept, dessinée par Ralph Roberts, styliste employé de la Chrysler Corporation. Elle a été construite par le carrossier LeBaron, en seulement six exemplaires. Elle a été assemblée, en 1940 sur un châssis allongé de C-26, châssis également utilisé pour l’Imperial. Elle était motorisée par le huit cylindres en ligne de cette dernière, avec ses 143 ch, attaché à la transmission semi-automatique Fluid Drive. Sa carrosserie, à habitacles doubles, était faite en feuilles d’aluminium, martelées. Ses intérieurs étaient en cuir. L’une de ces Newport a été utilisée en tant que véhicule de tête, à l’Indianapolis 500 de 1941. Il existe encore quatre de ces Newport aujourd’hui, dont l’une d’elles fait partie de la Collection Harrah. L’auteur de ces lignes a eu la joie de la voir, lors d’un voyage en Californie, au cours des années quatre-vingt. Après la Seconde Guerre mondiale, la production de véhicules civils pouvait enfin reprendre. Tous les fabricants d’automobiles utilisèrent la même formule. Les chaines de montage furent remises en place, et comme les matrices utilisées en 1942 étaient encore pratiquement neuves, elles furent remises en service. Les modèles 1946 étaient en fait des modèles 1942 à peine retouchés par quelques changements mineurs. Le parc automobile, en Amérique du Nord, s’était atrophié par attrition, au cours de la guerre. Le besoin en automobile était criant. Les compagnies n’avaient pas à faire beaucoup d’effort pour vendre leurs produits, avec des files d’attente de plus en plus longues d’acheteurs, aux portes des concessionnaires.

Pour avoir quelque chose de nouveau, les amateurs des produits MoPar durent attendre l’année 1949, et encore, les autos sortant des usines Chrysler avaient beaucoup de traits communs avec les modèles antérieurs, dont leur toit élevé. Mais ce trait relevait plutôt des dictats du président K. T. Keller qui avait comme comme marotte qu’un gentilhomme se devait de porter son chapeau, quand il était au volant d’une automobile. Donc, pour le faire, les toits devaient donner suffisamment d’espace, en étant plus haut. Ironiquement, Chrysler qui avait inventé le concept des toits rigides, en 1946, en construisant seulement sept exemplaires, n’en offrit aucun, en 1949, bien qu’il existait des dessins d’un tel modèle. Il ne fut jamais mis en production. Il ne semble pas, non plus, qu’un prototype ait été construit. Il a fallu attendre l’année 1950 pour voir une Chrysler à toit rigide. Pour différencier les modèles à toit rigide des autres modèles, Chrysler ressuscita le nom Newport. Pour des raisons inconnues, Chrysler se faisait damer le pion par General Motors qui elle, offrait ce type de carrosserie dès 1949. La carrosserie deux portières à toit rigide fut offerte sur les séries Windsor, Saratoga et New Yorker. La Chrysler Town & Country eut également droit de recevoir ce toit, dans un premier temps, mais il fallut attendre la fin de l’année 1950 avant que ce modèle soit construit. On assistait également à un premier pas vers l’ergonomie, en ce début de décennie. Chez Chrysler, on décida d’inclure un tableau de bord rembourré de mousse de caoutchouc à l’intérieur de leurs automobiles. L’année 1950 a été une très bonne année pour Chrysler. Les changements esthétiques apportés à la carrosserie eurent pour effet de rendre l’apparence plus homogène. La clientèle de cette marque réagissait en conséquence et les ventes progressaient jusqu’à 167 316 unités. Par contre, comme l’économie était florissante, les autres marques de même gamme avaient également fait des gains, ainsi, Chrysler ne parvenait qu’à progresser d’un rang, soit de la douzième à la onzième place, dépassant Hudson, DeSoto, Kaiser-Frazer, Cadillac, Packard, Lincoln et Willys. En juin 1950, un évènement se déroulant aux antipodes de l’Amérique allait contrecarrer les rêves de progrès économique d’une foule de gens, dont les fabricants d’automobiles.

La Corée du Nord, gouvernée par un régime communiste, décida d’exporter les « bonheurs » rattachés à un tel régime en franchissant le trente-huitième parallèle pour envahir la Corée du Sud. Pour faire cesser cette agression, l’ONU détacha des troupes, surtout américaines. Les États-Unis étant techniquement en guerre, le rationnement fut mis en place, dont celui du métal nécessaire à la fabrication des armes de guerre. Les premiers à écoper ont été les compagnies d’automobiles qui durent couper leurs productions et changer leur planification concernant les projets futurs. Par ailleurs, le lancement d’un tout nouveau moteur V-8 avait quand même pu être fait. Il s’agissait d’un moteur à chambres de combustion hémisphériques, d’où son nom de Hemi. La compagnie Chrysler continua de fabriquer des voitures à la silhouette trapue, jusqu’au départ de K. T. Keller. Avant de partir, il avait toutefois embauché un jeune styliste, Virgil Exner, qui avait une vision du dessin d’une automobile diamétralement opposée à celle de Keller et son chapeau. Il fallut cependant attendre 1955, avant de voir le résultat de sa vision. À partir de 1957, le nom Newport disparaissait des catalogues de vente de Chrysler. Il a été réactivé en 1961, mais cette fois, il était utilisé pour désigner une Chrysler d’entrée de gamme. Le rôle de cette nouvelle Newport était d’occuper le créneau du marché, entre Dodge et Chrysler, laissé libre par la disparition de la DeSoto. La Newport avait connu beaucoup de succès, en récoltant plus du tiers des ventes totales de Chrysler, en 1961 et au cours des années subséquentes. Elle était en fait une Chrysler dépouillée, n’ayant que de petits enjoliveurs de roues, un intérieur bas de gamme et un extérieur avec le strict minimum de moulures. À court terme, la présence d’une Chrysler d’entrée de gamme a fait sonner la caisse enregistreuse, mais à long terme, elle avait dilué l’image de prestige de la marque. La Newport a été redessinée légèrement, comme la 300 et la New Yorker, pour les années 1962, alors qu’elle perdait ses ailerons. Une nouvelle carrosserie, aux lignes angulaires, arriva en 1963. Sa carrosserie étant nouvelle, en 1963, elle demeura pratiquement inchangée, sauf quelques détails à sa calandre, entre autres, pour l’année 1964.

L’année 1965 apporta des carrosseries au dessin très différent de celui de Virgil Exner. Le nouveau responsable du studio de dessin de Chrysler était Elwood Engel, qui avait été débauché de chez Ford, en 1961. Il n’est donc pas surprenant que les Chrysler et les Imperial aient des traits communs avec la Lincoln 1961. La nouvelle Newport, comme la 300 et la New Yorker étaient construites sur la nouvelle plateforme C de Chrysler. Cette année est aussi remarquable par l’abandon des boutons poussoirs utilisés pour embrayer la transmission automatique, qui ont été remplacés par un simple levier. Sans oublier la dernière apparition des Chrysler lettrées, soit la 300 L. Les modèles 1966 firent les frais de changements mineurs, comme une nouvelle calandre et de nouveaux feux arrière. Le nouveau V-8 de 440 p. c. de cylindrée faisait son entrée sur le marché, offert en option. Ce qui nous amène en 1967, l’année qu’a été fabriquée notre vedette. Ces modèles avaient eu quelques changements comme une tôlerie neuve, mais fixée sur la même structure. Notre vedette, qui appartient à M. Yvon Brisson, a été achetée le premier février 1967, pour la somme de 4 160,50 $, non pas par M. Brisson, mais par son beau-père, futur beau-père à l’époque. Or, le beau-père ne savait pas conduire une auto et n’a jamais appris à le faire. Il avait acheté cette voiture parce qu’il en était tombé amoureux. Elle l’avait charmé grâce à ses lignes gracieuses. En plus d’escorter la fille, M. Brisson avait comme responsabilité de conduire la voiture. Il fallait bien que quelqu’un se sacrifie. Depuis ce temps, M. Brisson prend un soin jaloux cette Chrysler Newport 1967, comme de la fille, d’ailleurs.  

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