LAFER MB 1980 1600 c. c.

Ecrit par René St-Cyr | 2012-10-04

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Lafer MP, voilà un nom qui ne sonne pas beaucoup de cloches dans l’imaginaire de la moyenne des ours. Quand vous posez une question à propos de ce nom, la réaction de vos interlocuteurs peut se manifester de deux façons. La première peut être une réaction digne d’un jésuite; soit de répondre à une question par une question, tel que : C’est quoi ça? Ou l’autre, qui elle, consiste en un long silence, accompagné d’un regard vide et d’une bouche bée. Quelle que soit la réaction, elle est justifiée par le fait que cette marque d’automobile a eu une histoire très courte, soit de 1974 à 1990 en plus d’une diffusion microscopique, selon nos normes. Seulement 4 300 ont été fabriquées, de ce nombre, environ 1 000 ont été exportées vers l’Europe et l’Amérique du Nord. Une autre chose incongrue à propos de la compagnie Lafer MP est le fait qu’elle se soit lancée dans la fabrication d’automobile, car cette compagnie était et est encore un fabricant de meubles établi à São Paulo, au Brésil. Elle a été fondée, en 1927, par Benjamin Lafer. Ce dernier, dès le début de sa production, fabriquait des meubles haut de gamme et la réputation de sa compagnie était très bonne, devenant au cours des ans une référence en meubles de qualité. Après la mort du fondateur, en 1960, quatre de ses héritiers, dont l’un, du nom de Percival Lafer, prirent la relève. Ce dernier avait un diplôme en architecture, décerné par l’Université Mackenzie, de São Paulo. Naturellement, il occupa le poste de responsable du bureau de conception des meubles. Les meubles conçus sur les planches à dessin étaient à la fine pointe de la technologie de l’époque, conçus avec en tête des concepts innovateurs, mais destinés à la consommation de masse, mais par ailleurs, protégés par des brevets. Voilà pourquoi le nom de la compagnie était devenu Lafer MP, soit Moveis Patenteados, comme votre portugais est probablement rouillé, cela se traduit par Mobilier Breveté. De nombreux produits furent mis sur le marché, surtout des fauteuils et des divans, dans un premier temps. Ils connurent un succès immédiat sur le marché brésilien. L’usine progressa rapidement et des départements furent ajoutés, pour répondre à la demande et matérialiser de nouvelles idées et explorer l’ajout de nouveaux matériaux. Bientôt, une ferronnerie s’ajouta, pour confectionner les structures métalliques des meubles, une fabrique de mousse polyuréthane pour les coussins et finalement une usine de fibre de verre où étaient moulés les composantes des fauteuils et des divans.

Cette division qui ne moulait au départ que des meubles vit s’ouvrir d’autres horizons, quand la compagnie nationale de téléphone du Brésil décida d’offrir un réseau de téléphones publics. Chez Lafer MB, on profita de cette ouverture pour concevoir une cabine téléphonique en fibre de verre, qui est devenue très populaire auprès du public, qui lui donna le surnom de grande oreille, à cause de sa forme. Au début des années soixante-dix, Joäo Arnault, un des employés de la compagnie décida de gâter sa tendre épouse, Ivone, en lui achetant une voiture ancienne, une MG TD 1952, comme cadeau d’anniversaire. Il ne semble pas que cette générosité était complètement désintéressée, car à l’occasion, il prenait la MG de sa femme, pour se rendre au travail. Percival Lafer, qui était également un amateur de voitures anciennes, remarqua la MG garée près de l’usine. Il fut fasciné par le dessin angulaire de la carrosserie de cette respectable vielle anglaise.

Possédant déjà la structure industrielle suffisante, il décida de lancer la compagnie familiale dans la fabrication d’automobiles. Toutefois, l’inspiration que lui procurait la vénérable MG TD se limita au dessin de sa carrosserie. Il décida plutôt de construire une automobile en utilisant la technologie à la fine pointe de l’époque. En examinant la MG TD de plus près, il remarqua que l’empattement de cette dernière était exactement le même que celui de la Volkswagen. Le problème de la motorisation et du châssis fut donc réglé d’un seul coup. Il ne lui restait qu’à négocier avec la compagnie Volkswagen, qui avait déjà plusieurs usines au Brésil, afin d’obtenir de cette dernière les composantes mécaniques qui lui étaient nécessaires. Il s’agissait donc d’un point positif, le fournisseur était tout près de son usine. Dès la création de cette nouvelle division de la compagnie, Percival Lafer en établit la philosophie. Il voulait construire la meilleure voiture possible, avec les matériaux de très bonne qualité, et exigeait de ses ouvriers une qualité de travail maximale. Une fois le côté mécanique réglé, Percival Lafer aborda le dessin de la carrosserie, en se donnant comme paramètre d’utiliser le style classique de celui de la MG TD, tout en lui conservant son style et son charisme original, mais en utilisant des matériaux et des composantes mécaniques modernes et fonctionnelles. Le but était de produire une automobile moderne, fiable, bien dessinée, confortable, pouvant être utilisée sur une base quotidienne, tout en transportant ses passagers dans un environnement luxueux. Cela la différentiait de la MG TD, reconnue surtout pour être spartiate, avec un confort minimaliste. Un premier prototype fut présenté au Salon de l’auto du Brésil, en 1972. La réception que lui accorda le public fut très positive. Elle avait créé un impact certain. Devant ce résultat, la décision de la mettre en production fut rapidement prise. Son lancement officiel se produisit en avril 1974.

Le marché visé était celui du haut de gamme, ainsi, la voiture était construite sur un châssis robuste, ses intérieurs étaient confectionnés avec du cuir véritable, son tableau de bord était en bois solide, tout comme le boudin de son volant et le pommeau du levier de changement de vitesse. La carrosserie en fibre de verre n’était pas négligée non plus. Son extérieur était peint de plusieurs couches de scellant, puis recouvert de couches de fond, pour se terminer par une peinture acrylique, en surface. La visibilité de nuit était assurée par deux phares sur les ailes, assistés par trois autres, fixés à l’avant du radiateur. Avec un prix de vente fixé à environ 16 500,00 $ et une foule d’options qui pouvait pousser la facture très au-dessus de 20 000,00 $, cette voiture n’était pas à la portée de toutes les bourses. Heureusement pour la compagnie, la grande qualité de construction de la voiture attira rapidement les Riches et Célèbres, ce qui créa une mode. Soudain, il était devenu prestigieux et très classe de posséder une Lafer MP, à la grande joie des comptables de la compagnie. Mais, toute bonne chose a une fin, et en 1990, la dernière Lafer MP sortait de l’usine, mettant fin à une aventure qui avait duré 16 ans et qui avait donné forme à environ 4 300 véhicules. Notre vedette fait partie de ce groupe restreint d’environ 1000, Lafer MP, exportées hors des frontières du Brésil. Son propriétaire, M. Jacques Mainville s’en est porté acquéreur en 2006. Il a alors entrepris une restauration complète de sa Lafer MB 1980 et depuis qu’elle a repris la route. Il l’utilise pour participer aux activités du Club VACM.  

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