BUICK LESABRE 1964

Ecrit par René St-Cyr | 2012-04-05

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Ceux parmi vous, qui ont marché au catéchisme, voilà plusieurs décennies, se souviendront de la terrible débâcle qui avait frappé la marque Buick, à la fin des années cinquante. En effet, entre 1955 et 1960, Buick avait exécuté le grand saut de l’ange, passant de la troisième place, au palmarès des ventes, pour atterrir brutalement en neuvième position. Ses ventes qui se situaient à 739 000 exemplaires, en 1955, n’étaient plus qu’à 254 000, en 1960. Mais, après être tombé de sa position dominante, Buick a fait du saut à l’élastique, avant même l’invention de ce sport, elle était remontée dans les rangs, assez rapidement. La question, qu’il faut se poser, est; comment se faisait-il que Buick, une marque occupant le créneau supérieur de la gamme intermédiaire, fût elle parvenue à déloger Plymouth de cette position si élevée?

Il faut dire que Plymouth, une marque d’entrée de gamme, a été l’artisane de son propre malheur. Dans un premier temps, le dessin des carrosseries des produits Chrysler, dont les silhouettes rappelaient la forme de trois boites superposées, affichait son obsolescence avec ostentation. Puis, quand des carrosseries aux lignes plus modernes furent mises sur le marché, en 1955, des problèmes de qualité déficiente eurent tôt fait de chasser les derniers acheteurs de chez les concessionnaires Plymouth. Quand l’année 1959 arriva, la situation était complètement inversée. La crise économique de 1958 avait rendu les grosses automobiles luxueuses hors de portée, alors que les voitures de moindre cout avaient la cote. En 1960, la Rambler se vendait en une proportion de pratiquement 2 contre une Buick. La déconfiture de Buick avait également d’autres causes. La qualité d’assemblage de ses automobiles en était une. La frénésie, qui sévissait dans les usines de Buick, en 1954-56, pour augmenter la production, leur avait fait oublier de maintenir la qualité à un niveau acceptable. Les premiers signes alarmants étaient une finition déficiente. Plus tard, des problèmes plus sérieux firent leur apparition comme des différentiels qui cassaient, des moteurs dont les pistons traversaient le bloc-moteur, des tambours de frein défectueux, etc. Un autre problème, celui-là, plus insidieux, dérangeait les gestionnaires chez Buick. Le président de General Motors était Harlow Curtice. Or, ce dernier, qui avait connu beaucoup de succès à la tête de la Division Buick, au cours des années trente et quarante, avait, malgré sa charge de travail, en tant que président de GM, la malencontreuse habitude de s’immiscer dans la gestion de Buick, qui était demeuré son bébé.

C’est bien connu, quand il y a trop de chefs dans la cuisine, la sauce est généralement gâtée. L’autre difficulté, rencontrée par Buick, était le dessin de ses carrosseries. Harley Earl, qui était le responsable du studio de stylique, chez GM, faisait une fixation sur le chrome appliqué à gogo. Comme Curtice était, lui aussi, un amateur de grosses voitures étincelantes de chrome, il encourageait Earl à en ajouter une couche. Les carrosseries des Buick 1954, qui avaient un dessin assez net, étaient devenues des caricatures d’elles-mêmes, en 1958, avec le chrome appliqué à la truelle sur ses flancs, sans oublier les ailerons devenus démesurés, tout simplement pour montrer aux styliciens de Chrysler que GM était également capable de faire des ailerons et des gros, à part de ça. Tiens-toi! Les ventes qui continuaient de stagner conduisirent à une révolte de la part des gestionnaires chez Buick. Harlow Curtice et Harley Earl prirent leur retraite, alors que Edward T. Ragsdale fut relevé de ses fonctions comme président de la Division Buick, pour être remplacé par Edward D. Rollert. C’est d’ailleurs ce dernier, qui avait redonné vie à la Division Buick. Dans un premier temps, il ramena la qualité, chez Buick. Pour ce faire, il débaucha John Gretzinger de la Division Allison, où il était responsable de la fabrication de missiles. Il accepta le nouvel emploi à la seule condition d’avoir l’autorité d’arrêter la chaine de montage, s’il voyait quelque chose qui ne lui convenait pas. Il était le seul à avoir ce pouvoir. Il l’utilisa à bon escient. Buick s’améliora rapidement. Après le départ de Harley Earl, le poste de chef styliste fut confié à William L. Mitchell. Sous son règne, les ailerons extravagants et le chrome à l’excès passaient à l’Histoire. La silhouette des carrosseries des cinq marques, réunies sous l’égide de GM, devint mieux proportionnée, plus douce, s’inspirant de plus en plus de la forme de la célèbre bouteille de Coca-Cola. Bien que les Buick semblaient différentes d’année en année, entre 1961 et 1964, leur mécanique ne changea pas tellement.

En 1961, le V-8 364 p.c. fut fourni en équipement de base, sur la LeSabre. Il était offert en trois versions, soit 235, 250 et 300 ch. La Invicta et l’Électra utilisaient le même moteur, mais avec sa cylindrée augmentée à 401 p.c. de cylindrée, avec une puissance de 325 ch. La seule boite de vitesse automatique offerte était la Turbo Drive. Le châssis était en forme de X, supporté par quatre ressorts à boudin. Les tambours de frein étaient en aluminium, avec des garnitures en fonte à l’intérieur. Afin d’augmenter la surface radiante des tambours de frein, ils étaient munis de nombreuses ailettes, afin de dissiper la chaleur plus rapidement. Le travail acharné de Edward Rollet et de son équipe commença à donner des résultats à partir de 1961, alors que Buick remonta à la huitième place, puis à la cinquième, pour les deux années 1962 et 1963, puis recula à la sixième en 1964, malgré des ventes de 511 666 exemplaires. Notre vedette a été assemblée au cours de cette période de renaissance. Partant de l’usine de Wilmington, Delaware, elle fût livrée au garage J. Wilfrid Morin Limitée, concessionnaire Pontiac Buick, GMC, de Saint-Georges-de-Beauce. Le 25 avril 1964, M. Eddy Caron de Saint-Benjamin de Dorchester, sentant venir les chauds rayons du soleil d’été, acheta cette belle Buick décapotable. Elle changea de propriétaire, en 1966, mais demeura dans la même famille. Elle fut utilisée pendant une dizaine d’années, avant d’être abandonnée. Un troisième acheteur, M. Luc Valière de Saint-Odilon de Beauce, acheta la Buick, abandonnée depuis 1983. Il restaura la voiture, sauf pour les intérieurs qui étaient en bonne condition. La voiture reprit la route, en 1988. Elle fut achetée par M. Raymond Lambert, le 6 octobre 2006 et le 29 avril 2009, son actuel propriétaire, M.Robert Galbrand, s’en porta acquéreur. Il circule à son bord, pour se rendre aux activités du club VACM, tout en profitant de sa douceur de roulement et de la puissance des 300 ch de son V-8 Wildcat 355.  

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