Devenir automobiliste en 1911

Ecrit par Bernard Dufresne | 2014-12-28

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L’apparition de l’automobile a produit sur les voies publiques une perturbation comparable à nulle autre pareille.

Avant-propos

Lors d’une conversation avec un ami, propriétaire d’un camion Ford des années vingt, je lui avais raconté que mon grand-père avait utilisé deux fourgons semblables au sien. À la suite de cette mention il s’ensuivit un court silence, flanqué d’un regard droit dans les yeux, puis mon interlocuteur devint souriant. À voir le changement de sa mine, je compris que je devais corroborer mon affirmation, sinon ma crédibilité en prenait un coup. Comme je n’avais rien sous la main qui aurait pu confirmer mes dires, je promis de lui faire parvenir une photo de l’un de ces camions.

 

Dès mon bas âge, j’ai commencé à m’intéresser aux véhicules motorisés et principalement aux historiettes concernant les automobiles qui ont appartenu aux gens de la famille. J’avoue qu’au moment de faire parvenir à mon ami la photo promise, je me suis senti incapable de résister à la tentation de lui rappeler l’adaptation rapide qu’ont dû faire nos grands-parents face aux changements sociaux que les grandes innovations du début du vingtième siècle ont provoqués. J’ai cru bon d’insister sur le fait que la circulation des premières voitures motorisées a heurté les schèmes mentaux d’un public qui n’était pas préparé à de tels changements. Ma propension à raconter des anecdotes m’a aussi incité à lui relater certains événements qui ont marqué le cheminement de mon grand-père dans son apprentissage pour devenir automobiliste. J’espère que vous aurez autant d’agrément à lire ce texte que j’en ai eu à l’écrire.

 

 Mon grand-père, un novateur ou un non-conformiste ?

En 1894, mon grand-père avait ouvert, dans le salon de la maison familiale, un comptoir où il offrait en vente des articles d’usage courant et prenait en commande ceux qu’il n’avait pas en magasin. Les exigences de son commerce l’obligeaient à quitter son village pour se rendre chez ses fournisseurs. Cela l’amenait à côtoyer des milieux différents du sien (pour ne pas dire plus évolués). Parmi ses fournisseurs, l’un d’eux tenait commerce à 32 km (20 milles) de chez lui. Mais une grande partie des produits que Pépé offrait en vente provenait de Montréal. Les marchandises achetées à la grande ville étaient livrées à la gare de St-Félix de Valois. À partir de là, il revenait à Pépé de les acheminer chez lui.

Comment Pépé est-il devenu automobiliste?

Le pourvoyeur en épicerie et en mouture de Pépé habitait Saint-Félix-de-Valois. En 1910, ce florissant commerçant avait fait l’acquisition d’une voiture automobile de marque Cadillac.

Il m’a été dit qu’à cette époque M. Reid (Georges) était le seul dans le comté à posséder cette sorte d’engin. Cette voiture sans cheval n’a pas été sans piquer la curiosité de mon grand-père; il semble qu’il aurait éprouvé plus qu’un vague désir d’utiliser ce nouveau mode de transport. Toujours est-il qu’à l’été de 1911, Pépé se rend à Montréal pour effectuer des achats chez ses grossistes, dont la firme Hector Racine. À cet endroit, le fils du propriétaire lui fait part de sa dernière acquisition, une automobile de marque « EMF » (Studebaker). Voyant l’intérêt que mon grand-père manifeste à ce moyen de locomotion, le soir venu, le jeune Racine l’amène au manège militaire de la Place Champ-de-Mars o&

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