AUSTIN-HEALEY BT7, 1961

Ecrit par René St-Cyr | 2016-09-06

article-image

Malgré le fait que la marque Austin-Healey ait connu une existence de moins de vingt ans, 17 ans, pour être précis.  Elle symbolise encore, dans l’esprit des amateurs de voitures sport, d’origine britannique, la quintessence de ce type de véhicule.  Comme son nom l’indique, cette marque doit son existence à deux hommes.  Donald Healey et Leonard Lord, président de la British Motor Corporation. Donald Healey, né le 3 juillet 1898, à Perranporth, Angleterre, était le fils de Frederick Healey et de Emma Mitchell  Très jeune, il s’intéressa à la mécanique, particulièrement à celle de l’avion, qui venait à peine d’être inventé.  Plus tard, son père, qui gérait un magasin général de la chaine Red House, lui paya une période d’apprentissage à la Sopwith Aviation Compagny, à Kingston, sur la Thames.  L’un de ses souvenirs d’enfant, le plus cher, était un voyage à Douvres, avec son père, pour aller admirer le monoplan que pilotait Louis Blériot, pour traverser la Manche, le 25 juillet 1909. Il fut engagé, comme apprenti, la même année, chez la Sopwith Aviation.  Cette compagnie venait d’ouvrir une usine à Kingstone-upon-Thames, dans le Surrey.  La Première Guerre fut déclarée, en aout 1914.  Le jeune Healey, en donnant une fausse date de naissance, parvenait à se faire enrôler, en 1915, dans la Royal Flying Corps, ancêtre de la RAF.  Un an plus tard, il passa son brevet de pilote.  Sa carrière de pilote de chasse prenait fin brutalement, quand son avion fut touché par la DCA britannique, lors de sa première mission de bombardement nocturne, au-dessus de la France.  Il parvenait à retourner en Angleterre, où il fut réformé, en 1917, alors qu’il fut embauché à la Aeronauticale Inspection Departement, jusqu’à la fin de la guerre.

Avec le retour de la paix, en 1918, il décida de retourner chez ses parents, où il se bâtit un petit garage, près du magasin Red House de son père.  Il travaillait sur les voitures de ses clients et quand il avait du temps de libre, il travaillait sur la sienne, pour bien la préparer, car il adorait participer aux courses, qui avaient lieu dans son environnement.  Pour sa première course, tenue sur une route publique, il signa le meilleur temps de la journée, au volant d’une Buick 30 ch.  Plus tard, il avait acheté une ABC, qu’il modifia.  Il était parvenu à lui faire atteindre 106 k/h, avec son petit moteur 2 cylindres, couchés.   Il trouva la compétition plus enivrante que de travailler dans son garage.  Il continua de courir en rallyes, où il gagna sa première médaille, à Brooklands, en 1925.  Cependant, sa notoriété fut réellement établie lors de sa participation au Rallye de Monte-Carlo, en 1929, alors qu’il était au volant d’une Triumph Super Seven, une petite voiture motorisée par un petit 4 cylindres de 833 cm3 seulement.  Il avait joint le Rallye à Berlin.  Il arriva deux minutes après la fermeture du point de contrôle.  Sans doute stimulé par cette infortune, il se présenta l’année suivante avec la même voiture.  Il se classa au septième rang, mais au premier, parmi les Britanniques.  Il continua ainsi à participer à plusieurs Rallyes, avec généralement beaucoup de succès.  En 1931, il gagna le Rallye Monte-Carlo, au volant d’une Invicta 4,5 litres.  Il arriva deuxième, l’année suivante.  Il fut embauché par la firme Triumph où il occupa le poste de Directeur technique, responsable du dessin de toutes les Triumph.  Au cours de cette période, 1934 - 1935, il créa la Triumph Gloria, la Triumph Southern Cross et  la Triumph Dolomite 8. 

 

En 1939, Triumph était en faillite, mais Healey demeura en poste, pour superviser la fabrication de carburateurs, pour les moteurs d’avions, la Grande-Bretagne était, encore une fois, en guerre.  Plus tard, il travailla chez Humber, pour fabriquer des véhicules blindés. À la fin de la Deuxième Guerre, il fonda, avec Sampietro et Benjamin Bowden, la Donald Healey Motor Company.  Les premières voitures qu’ils mirent sur le marché étaient des voitures très chères et de bonne qualité.  Les premières, les Healey Elliot, furent présentées en 1946.  C’étaient des berlines, deux portières, motorisées par des moteurs Riley.  Il engagea ses Healey Elliot dans différents Rallyes, en 1947 et 1948, où elles se classèrent dans le peloton de tête.  En 1949, il présenta la Silverstone.  Elle connut tellement de succès, qu’elle conduisit à une entente avec la compagnie américaine Nash Motors.  Cette entente fut négociée sur le paquebot Queen Elisabeth, alors que George W. Mason, président de Nash-Kelvinator, se rendait en Angleterre et que Donald  Healey y retournait, après avoir tenté de négocier l’achat de moteurs V-8 de Cadillac, ce qui lui fut refusé.   Mason et Healey s’entendirent rapidement pour construire une voiture sport, deux places, motorisée par un moteur six cylindres de Nash Ambassador.  Sa carrosserie bien profilée était en aluminium, montée sur un châssis de Healey Silverstone.  La Nash-Healey fut mise sur le marché en 1951.  La carrosserie fut redessinée par le stylite italien, Pininfarina, en 1952.  Donald Healey avait conduit une Nash-Healey sur les pistes du Le Man, en 1950 et il participa aux Mille Miglia de 1950 à 1952. Des jours sombres attendaient la Nash-Healey.  La fusion des compagnies Nash et Hudson créa la American Motors Corporation AMC en 1954.  Les ressources financières étaient très serrées.  De plus, personne ne se bousculait aux portes des concessionnaires Nash, pour se procurer une Nash-Healey.  La production cessa en 1954 avec seulement 520 Nash-Healey produites, en quatre ans. Donald Healey désirait produire une petite voiture sportive, pouvant être produite à des coûts assez bas pour la vendre à bas prix, tout en générant un profit honnête et qui pouvait se placer entre la MG TD et la Jaguar XK 120.  Il se tourna vers l’un de ses concitoyens, soit Leonard Lord, président de la Austin Motor Company.  Il avait étudié le marché et avait conclu que le moteur de la Austin A90 pouvait être une base de départ.  Ce moteur, quatre cylindres, avait été construit pendant la guerre, pour motoriser une version britannique de la Jeep américaine.  Il fut utilisé pour motoriser la A90 Atlantic, destinée au marché nord-américain.  Faute de clients la production cessa, en 1951, après que seulement quinze-mille exemplaires eurent été fabriqués.

 

Devant cette conjoncture, Donald Healey fut reçu par Lord qui affichait un large sourire, trop heureux de trouver un acheteur, pour son surplus de moteurs A-90.  Il accepta donc de fournir les moteurs à Healey, il ajouta même les directions, les suspensions avant.  Les ressorts hélicoïdaux et les amortisseurs étaient réservés à la version sport.  Les premiers prototypes construits, une foule de tests, furent tenus.  La nouvelle voiture répondait aux attentes de Donald Healey.  Sa vitesse maximale excédait les 100 milles à l’heure.  Elle justifiait son nom, soit Austin-Healey 100.  Elle fut fabriquée en 74 000 exemplaires, dont 80% furent exportés hors de l’Angleterre. Les marques Austin et Morris décidèrent d’unir leurs ressources pour fonder la British Motor Corporation.  BMC , en 1952.  Leonard Lord fut nommé à la tête de la nouvelle compagnie.  Quand il vit la Austin-Healey 100, il proposa à Healey d’en réduire le prix et de confier sa fabrication à BMC, capable de produire à haute échelle.  L’intention de Lord était de combler l’écart existant, entre la MG et la Jaguar, sur le marché des deux places, en Amérique du Nord. Donald Healey fonda une firme de consultants, en 1955.  De ces planches à dessin, sortaient la Austin-Healey Sprite, en 1958, la Jensen 541S V-8, en 1961 et la Austin-Healey 3000, en 1959.  Le chiffre 3000 est une référence à son moteur de presque 3 litres, soit 2 912 cm.  Elle remplaçait l’Austin-Healey 100-6.  Ce modèle fut produit de 1959 à 1961.  Il était désigné sous le code de BT7, pour la version 2+2.  Les versions 2 places avaient le code BM7.  C’est au cours de ce court laps de temps que notre vedette a été assemblée.  Elle fait partie des 13 650 exemplaires construits au cours de cette période.  Elle appartient à M. Michel Beauregard, qui s’en est porté acquéreur récemment.

 

PG Evaluation
Girard-auto
AssuranceHagerty
CineMobile
Atelier de mecanique RM (1979) Inc
Trophees Brisson inc
Univesta
Carte VAML
SilencieuxdeLest
RembourrageNathy

V.A.C.M. le club des vrais collectionneurs de voitures anciennes!