LINCOLN CONTINENTAL MARK III 1968 - 69

Ecrit par René St-Cyr | 2017-06-22

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Les gestionnaires, des sociétés géantes, que sont devenues les compagnies, fabricant des véhicules automobiles, sont généralement perçus comme étant des individus froids et calculateurs, n’ayant aucun sens de l’histoire de l’automobile, ne pensant qu’à trouver un moyen de réduire les coûts de production, afin de maximiser leur marge de profit.

Pourtant, l’histoire nous indique que beaucoup d’entre eux étaient de grands nostalgiques, sans toutefois être des passéistes.

Très souvent, sans toutefois avoir toujours du succès, des compagnies ont remis sur les marchés des modèles qui avaient connu beaucoup de prestige et de popularité.  Chez GM, ils ont été d’une nostalgie tenace, avec le nom La Salle.  D’ailleurs, un des prototypes de La Salle fut mis sur le marché, sous le nom de Buick Riviera, en 1963.  Chez Cadillac, et chez la Chrysler Imperial, ce fut le coffre arrière qui fut la cause d’un voyage dans le passé, en 1981.  Buick, encore une fois, fouilla dans son passé et ressortait le nom Roadmaster, en 1991.

Chez Ford, la nostalgie était aussi patente que chez les autres marques.  Par contre, son origine remontait plus loin, dans le temps.  Elle était inspirée par la première Lincoln Continental, mise sur le marché, en 1940.  Cette Lincoln avait été conçue par Edsel Ford, qui avait un très grand talent, pour concevoir de belles voitures.  Cette Continental avait une carrosserie, dont le dessin était si bien exécuté, qu’il fut copié par les autres marques, à l’époque.  Elle fut produite, jusqu’en 1948.

Huit ans plus tard, cédant à la demande des concessionnaires et du public, Henry Ford II donna l’ordre de construire une Lincoln prestigieuse et de ressusciter le nom Continental.  Cette nouvelle Lincoln Continental arriva chez les concessionnaires en tant que modèle 1956.  Et pour indiquer sa lignée, elle portait le nom de Mark II.  Elle était tellement luxueuse et onéreuse à construire, que malgré un prix de vente fixé à 10 000,00 $, la compagnie Lincoln perdait trois dollars par tranche de un dollar de son prix de vente.  Elle ne fut produite qu’en 1956 et 57.

Douze ans plus tard arriva la Continental Mark III.  Cette dernière avait été conçue sous l’oeil approbateur de Henry Ford II.  Elle reflétait les gouts personnels de ce dernier, qui gérait la FoMoCo, depuis 1945.  La Continental Mark II avait été construite sous le parrainage de son frère William Clay Ford.  La différence était cependant que la Mark III avait été conçue pour générer des profits.  Les planificateurs, chez Ford, en nommant la Lincoln Continental Mark III, avaient volontairement omis les Mark IV et V, construites entre 1958-60, qui étaient de grosses voitures, ornementées à la limite du bon gout, ce qui était contraire à la philosophie et la tradition du concept de la Continental.

La Mark III faisait son apparition sur les planches à dessin, vers la fin de l’année 1965.  Au Début, l’objectif à atteindre était clair.  Bâtir une automobile de type «personnel», luxueuse, avec un long capot et un coffre court, construite avec une silhouette rappelant celle de la première Continental.  La conception de la voiture était supervisée par Eugene Bordinat, qui oeuvrait, chez Ford, depuis des décennies.  Ce dernier avait confié la tâche de dessiner les intérieurs de la Mark III, à Hermann Brunn, homonyme du grand carrossier des années trente.  Brunn dessina de larges et confortables sièges baquets, une planche de bord en imitation de bois, sur laquelle était fixée l’instrumentation disposée, à portée de main.  Henry Ford II donna son aval au dessin final de la voiture, au début de l’année 1966.

La Mark III fut mise sur le marché en avril 1968.  À cause de sa présentation relativement tardive, en saison, seulement 7 770 Mark III furent vendues.  Par ailleurs, il ne faisait aucun doute que la Mark III était très bien ciblée sur le segment du marché qu’elle visait.  Au cours de l’année 1969, les ventes grimpèrent jusqu’à 23 088, et ce, malgré un prix de vente fixé entre 7000,00 $ et 8000,00 $.  Bien que ces prix étaient passablement élevés, ils étaient quand même plus raisonnables que le 10 000,00 $ de la Mark II 1956.  Ce prix de vente se traduit par 86 643,84 $ en dollars d’aujourd’hui.  La Continental Mark III,1969, se vendait 8 000,00 $, si nous incluons les taxes et les frais de livraison.  Elle se vendrait aujourd’hui, 69 315, $.  Le prix de vente FOB Détroit de la Mark III 1968 était fixé à 6 585,00 $

Ces prix de vente, fixés par Ford, montraient comment les gestionnaires avaient bien ciblé le marché auquel ils s’attaquaient, tout en s’assurant que la voiture génère des profits.  La cible choisie était visiblement la Cadillac Eldorado, qui elle, se vendait 6 711,00 $.

La Mark III avait un empattement de 117,2 pouces, soit 9 pouces de moins que la Mark II, mais sensiblement de la même longueur que la Eldorado, qui avait un empattement de 120 pouces.

La Eldorado, avec sa traction avant, était technologiquement plus avancée, que la Mark III.  Par contre, la Mark III avait un nom plus accrocheur.  En ce qui regardait le volume des ventes, des deux marques, les niveaux étaient pratiquement les mêmes, à quelques centaines près.  Cela était quand même significatif de sa popularité, tenant compte, que la production de Lincoln était beaucoup plus petite que celle de Cadillac alors que son réseau de concessionnaires l’était également.

Motorisée par le V-8 de 460 p. c. de cylindrée, avec un taux de compression de 10,5:1, la Continental était l’une des plus puissantes automobiles de son époque.  Elle était également très bien dessinée, avec sa carrosserie aux angles droits et aux surfaces droite.  Son capot, qui faisait environ deux mètres, n’avait que deux plis longitudinaux, ce qui augmentait davantage l’impression de longueur.

Celui qui désirait s’acheter une Lincoln Continental Mark III, avait le choix entre plusieurs intérieurs.  Pas moins de 26 couleurs extérieures étaient offertes, incluant quatre peintures métalliques «poussière de lune».  La question qui vient à l’esprit est comment avaient-ils fait, pour savoir qu’elle couleur était la poussière de la lune, en 1968, alors que Neil Armstrong alunissait presque deux ans plus tard, soit le 21 juillet 1969?

L’équipement de base de la Mark III était la transmission Select Shift Turbo-Drive, le servofrein, avec des disques à l’avant et des tambours à l’arrière, des phares escamotables, des sièges et des vitres à commandes électriques, un système de ventilation et 150 livres de matériaux isolants.  Quand la Lincoln Continental Mark III, 1969 arriva sur le marché, très peu de changements furent apportés, sauf son prix de vente qui avait grimpé à 6 758,00 $ FOB Détroit  soit 42 531,00 $ de nos dollars de 2017.

Avec la Lincoln Continental Mark III, Ford marquait sa présence dans le créneau du marché des voitures personnelles, à côté de la Thunderbird, qui avait d’ailleurs ouvert ce créneau, en 1958.

 

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