MONARCH PHAETON 1956

Ecrit par René St-Cyr | 2017-08-07

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Henry Ford, après deux tentatives avortées, était parvenu à fonder une compagnie portant son nom, en juin 1903, pour fabriquer des automobiles.  À cette époque, la région de Détroit était en ébullition.  Dans pratiquement toutes les arrière-cours se trouvaient quelqu’un qui se forçait les méninges, à construire une automobile, puis, s’il y parvenait, il devait se mettre à la chasse de mécènes, pour financer la fondation d’une compagnie, capable de se lancer dans la fabrication de ses automobiles.

Henry Ford, comme nous le disions plus haut, après deux tentatives, était parvenu à franchir ce champ miné, avec succès. 

Pour se faire connaitre, alors qu’il était à la recherche d’investisseurs, Henry Ford se construisit une voiture de course.  Ford était parvenu à convaincre son marchand de charbon, Alexander T. Malcomson, d’investir dans sa compagnie en formation, en avançant la somme de 500,00 $.  Cette avance de fond avait été utilisée pour construire un bolide de course qui porta le nom de 999.

Bien que cette voiture de course n’était motorisée que par un moteur quatre cylindres, elle pouvait se mesurer à des bolides avec des cylindrées beaucoup plus grosses et gagner haut la main.  Elle pouvait atteindre des vitesses de plus de 100 km/h.

Le 12 janvier 1904, Henry Ford prenait le volant de son bolide, pour atteindre la vitesse de 91,37 m/h (147,5 kmh).  Un record de vitesse, pour l’époque.  Avec la publicité générée par son record de vitesse, Henry Ford réussissait à attirer assez de commanditaires, pour que la compagnie soit viable.  Elle fut enregistrée comme étant une compagnie dédiée à la fabrication d’automobiles, le 16 juin 1903.  Rapidement, la compagnie Ford connaissait un succès phénoménal, avec la petite Ford Modèle A 1904.  Toutefois, cette réussite deviendra son handicap.  Les frères Dodge, qui fabriquaient les châssis, les moteurs et les transmissions de la petite Ford A ne pouvaient plus répondre à la demande qui ne cessait d’augmenter.  Ils commencèrent à couper les coins ronds, avec comme résultat des propriétaires de Ford A, devinrent enragés par des bris mécaniques.  Ces problèmes mettront du temps à être corrigés, au grand dam des dirigeants de la Ford Motors Company.

Pendant ce temps, devant le succès de l’automobile, les charrons de voitures hippomobiles commençaient à réaliser qu’ils étaient devenus une espèce en danger.  Ils constataient, avec effroi, que l’engouement pour l’automobile n’était pas une tocade passagère, mais qu’au contraire, non seulement elle était constante, mais qu’en plus, elle se propageait, tel un virus de maladie contagieuse.  Sa propagation grugeait irrémédiablement leur part du marché et que bientôt, la faillite les menaçait de plus en plus, sérieusement.

Gordon Morton McGregor, charron prospère, qui était établi dans la région de Windsor, Ontario, en face de Détroit était donc aux premières loges pour voir à quelle vitesse les marques d’automobiles se multipliaient dans la ville de Détroit.  Il réalisait également que, cette multiplication avait comme résultat secondaire d’augmenter le degré de la concurrence, entre les différentes marques, ce qui forcément produisait une chute de prix.  Cette chute de prix indiquait que l’automobile n’était plus réservée aux biens nantis, mais qu’elle était devenue à la portée de la bourse de l’individu de la classe moyenne, ce qui agrandissait énormément la clientèle des futurs acheteurs d’une voiture sans cheval.

Voyant la menace que faisait planer l’automobile sur sa prospérité, Gordon McGregor s’empressa de réunir un groupe d’hommes d’affaires de sa région, dont le gérant de la banque locale (on n’est jamais trop prévoyant). 

Lors de cette première réunion, pour convaincre son groupe, il leur déclara, sur un ton péremptoire.  Je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas construire d’automobiles ici. 

McGregor fut chargé de rencontrer Henry Ford afin de lui faire part du désir de son groupe, de construire des autos de marque Ford, dans le plus meilleur pays.  Après de longues palabres et de nombreuses réunions, McGregor réussissait à réunir la somme nécessaire pour obtenir la permission de fabriquer des voitures avec des pièces provenant de la Ford Motors Company de Détroit.

McGregor avait fait de ce projet une véritable obsession.  À la fin de l’été 1904, plusieurs réunions furent tenues.  La nouvelle compagnie nommée Ford du Canada faisait ses premiers pas en obtenant la permission d’utiliser des pièces provenant de la Ford Motors Company pour construire des véhicules sous le nom de Ford du Canada Limité, à l’usine de la Walkerville Wagon Company, canton de Sandwich East Ontario.

Le 17 aout 1904, la Ford du Canada recevait sa charte, de la province de l’Ontario, avec un capital de 125 000,00 $.  Un conseil de direction fut constitué le 29 aout de la même année.

En formant la Ford du Canada, Henry Ford devait certainement savoir que cette fondation lui donnait accès au plus grand marché au monde de l’époque, soit le Commonwealth dont le Canada faisait partie, qui unissait environ 50 pays.  La première voiture à être exportée fut une Ford Modèle C 1905, qui prenait la mer, pour se rendre à Calcutta, en Inde.

McGregor travailla comme un forcené pour bâtir un réseau de concessionnaires, pour trouver des fournisseurs de pièces, si bien que le 25 septembre 1905, les gestionnaires annonçaient que la compagnie avait produit 117 voitures, dont 107, Ford modèle C et sept Modèle B.  La compagnie déclara un profit de 12 442,00 $.

Les années suivantes ont été consacrées à établir un réseau de concessionnaires à travers le Commonwealth et à produire des autos, en égrainant l’alphabet, modèles D E F G H I J K L M N O P Q R S et T  le plus rapidement possible.

Soudain, la Ford T devenait obsolète et les ventes qui s’élevaient à 1,4 million, en 1924, s’écroulent.  Henry Ford refusa de céder, voulant conserver la Ford T, à tout prix.

Il abandonna finalement.  En mai 1927, il arrête les usines, congédia plus de 60 000 employés.  Heureusement, son fils Edsel avait entreprit un travail de recherche.  Henry Ford mène les travaux à un train d’enfer.  En 1928, la Ford modèle A, renaissait de ses cendres avec une carrosserie et une mécanique à la fine pointe de la technologie de l’époque.

Son succès fut immédiat.  Elle se vendit en cinq-millions d’exemplaires en cinq ans.

L’arrivée de la crise économique de 1929 fut une turbulence violente, pour le monde de l’automobile.  Henry Ford décida, en 1932, de construire un moteur V-8 coulé en bloc.  Il était offert à seulement quelques dollars de plus, que le moteur quatre cylindres.  Ce moteur est devenu une référence dans le monde de la compétition automobile.  Il fut fabriqué pendant plus de 20 ans.  À la fin des années trente, Edsel, à force de harcèlements, était parvenu à convaincre son têtu de père à produire une voiture de classe intermédiaire entre la Ford et la Lincoln.  Son triomphe porta le nom de Mercury, et se réalisa en 1939.

Avec le retour de la paix, en 1945, la production automobile reprenait avec beaucoup plus d’intensité.  La guerre terminée, les dirigeants de Ford du Canada s’activèrent à établir un deuxième réseau de concessionnaires.  Le premier était destiné à vendre des Mercury et des Lincoln et une gamme complète de camionnettes Mercury.  Les concessionnaires Ford offraient la gamme Monarch à prix moyen.

En fait, le but visé par les gestionnaires de Ford du Canada était de construire une Ford et une Mercury Canadienne, soit une automobile ayant le dessin d’une Ford, ou d’une Mercury, mais avec certaines caractéristiques spécifiques au marché canadien.

Cette évolution s’est faite lentement, au cours de la période 1952 — 1954

L’arrivée de l’année 1954 fut très occupée chez Ford du Canada.  En plus d’avoir à souligner le cinquantième anniversaire de la Ford du Canada, l’usine d’assemblage fut transférée à la nouvelle usine d’Oakville, située à l’ouest de Toronto.  Notre vedette, une Monarch Phaeton 1956, appartenant à M. Gilles Vésina.  Elle a été assemblée dans les usines sous la gouverne de Ford du Canada.  Toutefois, l’autonomie de cette compagnie était devenue aléatoire, quand, en 1959, la Ford Motors Company USA, achetait plus de 750 000 de ses actions.  Une époque venait de prendre fin.

 

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